{"id":1022,"date":"2024-11-23T17:30:09","date_gmt":"2024-11-23T16:30:09","guid":{"rendered":"https:\/\/yonzika.com\/?p=1022"},"modified":"2025-03-15T22:09:05","modified_gmt":"2025-03-15T21:09:05","slug":"cimetiere-neerlandais-a-brazzaville-un-heritage-meconnu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/yonzika.com\/index.php\/2024\/11\/23\/cimetiere-neerlandais-a-brazzaville-un-heritage-meconnu\/","title":{"rendered":"Cimeti\u00e8re hollandais \u00e0 Brazzaville : un h\u00e9ritage m\u00e9connu"},"content":{"rendered":"\n<p>Hollandais, historien et polytologue, Klaas Van Walraven a travaill\u00e9 sur l\u2019histoire du colonialisme et de la d\u00e9colonisation en Afrique \u00e9quatoriale fran\u00e7aise. Cet article est une traduction en fran\u00e7ais du <a href=\"https:\/\/www.rinaldoolivieri.net\/\">texte \u00e9crit en n\u00e9erlandais <\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"140\" height=\"210\" src=\"http:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/klaas-v-walraven-asc-website.jpg\" alt=\"Hollandais\" class=\"wp-image-1026\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:100%\">\n<p>Klaas van Walraven a appris l&rsquo;existence d&rsquo;un cimeti\u00e8re pour N\u00e9erlandais \u00e0 Brazzaville, datant de la fin des ann\u00e9es 1880. Le Congo-Brazzaville n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 une possession n\u00e9erlandaise. Alors pourquoi y a-t-il un cimeti\u00e8re hollandais ? Et qui sont ces jeunes gens qui gisent l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"540\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/CH1.jpg\" alt=\"Hollandais\" class=\"wp-image-1025\" style=\"width:759px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/CH1.jpg 720w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/CH1-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>En d\u00e9cembre, j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Brazzaville, capitale de la R\u00e9publique du Congo (l&rsquo;ancien \u00ab Congo fran\u00e7ais \u00bb), pour une conf\u00e9rence sur les \u00e9tudes biographiques dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Afrique. C&rsquo;\u00e9tait ma deuxi\u00e8me visite dans la ville (la premi\u00e8re \u00e9tait en 2015, lorsque ma femme et moi avons travers\u00e9 le puissant fleuve Congo depuis Kinshasa en RDC). Pays producteur de p\u00e9trole, la capitale du Congo est un p\u00f4le d&rsquo;activit\u00e9, les entreprises chinoises construisant des gratte-ciel modernes les uns apr\u00e8s les autres. Mais j\u2019\u00e9tais plus int\u00e9ress\u00e9 par les choses plus anciennes. Avant ce voyage, j&rsquo;avais appris l&rsquo;existence, de mani\u00e8re totalement inattendue, d&rsquo;un \u00ab cimeti\u00e8re des Hollandais \u00bb, lieu de s\u00e9pulture des N\u00e9erlandais de Brazzaville, sans avoir aucune id\u00e9e de son emplacement. En compagnie de Joseph Zidi, historien \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Marien Ngouabi et ancien chercheur invit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ASCL, je suis all\u00e9 rendre visite \u00e0 la consule des Pays-Bas, Mme Fumey van Baggum, dont le bureau est situ\u00e9 boulevard Sassou N&rsquo;Guesso, non loin du quartier Mpila. \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie est de Brazzaville.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"412\" height=\"309\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-1-small.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1030\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-1-small.jpg 412w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-1-small-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>C\u2019est en effet l\u00e0 que se trouve le cimeti\u00e8re, dans un endroit isol\u00e9, presque secret. Vous devez conna\u00eetre l&#8217;emplacement si vous voulez le trouver ; la plupart des Brazzavillois ignorent son existence \u2013 comme moi lorsque nous avons d\u00e9barqu\u00e9 ici en 2015 : le cimeti\u00e8re se trouve dans un quartier commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00ab Plage \u00bb, le port fluvial de la capitale et le point de passage vers Kinshasa. Des grues, des entrep\u00f4ts et des d\u00e9p\u00f4ts marquent l&rsquo;horizon, les gens entrent et sortent de la zone portuaire, apparemment sans \u00eatre g\u00ean\u00e9s par le personnel du poste de douane local. Toutes sortes de bateaux flottent sur la rivi\u00e8re \u2013 une voie ferr\u00e9e abandonn\u00e9e longe la rive sud. Le port est juste au sud du Malebo Pool (\u00ab Stanley Pool \u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque coloniale), le point o\u00f9 le Congo s&rsquo;\u00e9largit pour former un immense lac int\u00e9rieur de 35 km sur 23, avec l&rsquo;\u00eele de Mbomou au centre. Au port, le fleuve se r\u00e9tr\u00e9cit jusqu&rsquo;\u00e0 retrouver sa taille normale mais reste large de 2 km \u2013 on aper\u00e7oit Kinshasa \u00e0 l&rsquo;horizon.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"412\" height=\"309\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-2-small_0-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1029\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-2-small_0-2.jpg 412w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-2-small_0-2-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 412px) 100vw, 412px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Manguiers g\u00e9ants<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Avec l&rsquo;aide d&rsquo;un employ\u00e9 du consul, nous sommes entr\u00e9s dans le port et avons march\u00e9 le long de la voie ferr\u00e9e. Apr\u00e8s environ 50 m\u00e8tres, un nouvel escalier s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 le seul signe de quelque chose situ\u00e9 sur le talus sur\u00e9lev\u00e9 \u00e0 notre droite. Nous avons mont\u00e9 les escaliers et, au milieu des arbres et des buissons, nous sommes tomb\u00e9s sur une vieille enceinte en pierre, avec des barreaux de forme arrondie. Ceci constitue le p\u00e9rim\u00e8tre du cimeti\u00e8re. Il n&rsquo;est pas visible depuis la rivi\u00e8re, car il est trop haut, tandis qu&rsquo;une entr\u00e9e plus ancienne c\u00f4t\u00e9 terre est tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e9tant bloqu\u00e9 par les r\u00e9servoirs de stockage du parc industriel de la zone. L&rsquo;entr\u00e9e au bord de la rivi\u00e8re \u00e9tant verrouill\u00e9e, nous avons escalad\u00e9 la balustrade en pierre et nous sommes retrouv\u00e9s, \u00e0 notre grand \u00e9tonnement, dans un magnifique green rectangulaire, d&rsquo;environ 35 m de long, un peu moins en largeur. Dix manguiers g\u00e9ants fournissent de l&rsquo;ombre \u00e0 la zone et ajoutent \u00e0 son atmosph\u00e8re sereine. Un jeune homme \u00e9tait assis devant ce qui semblait \u00eatre une st\u00e8le au centre. Le consul, passionn\u00e9 par la conservation de ce lieu exceptionnel, avait contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9riger pour marquer le site, avec les armoiries n\u00e9erlandaises, Je maintiendrai, peintes sur la pierre (une autre st\u00e8le marque l&rsquo;ancienne entr\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 campagne). Le consul et quelques habitants n\u00e9erlandais s&rsquo;occupaient du cimeti\u00e8re depuis des ann\u00e9es, essayant d&rsquo;endiguer sa d\u00e9gradation en repoussant les pierres effondr\u00e9es des tombes et en cherchant une solution au mauvais drainage. L&rsquo;effort de restauration le plus r\u00e9cent semble dater de 2004, mais comme il n&rsquo;y a pas de barri\u00e8re efficace pour prot\u00e9ger le cimeti\u00e8re, des morceaux de pierre sont vol\u00e9s et il n&rsquo;y a plus de plaque avec des informations sur le d\u00e9funt. Les jeunes couples utilisent l&rsquo;endroit exclu pour faire l&rsquo;amour.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"400\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.3-small.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1031\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.3-small.jpg 600w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.3-small-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Nous avons march\u00e9 entre les tombes, commenc\u00e9es par des mangues trop m\u00fbres tombant avec un bruit sourd, manquant de peu nos t\u00eates, et nous avons \u00e9tudi\u00e9 les tombes pour obtenir des informations sur les personnes qui reposaient dans ces lieux paisibles. Les tombes sont faites de briques recouvertes de ciment blanchi \u00e0 la chaux. Ils sont 17 au total. Auparavant, les tombes portaient les noms des morts, mais le mat\u00e9riel a p\u00e9ri ou a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 (des morceaux de lettres ont \u00e9t\u00e9 incrust\u00e9s dans la st\u00e8le centrale pour en conserver ce qui en reste). Ainsi, si sur certaines tombes, des mots (des noms ?) illisibles ont \u00e9t\u00e9 griffonn\u00e9s \u00e0 la craie, les tombes sont toutes anonymes.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"309\" height=\"412\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.4-smalljpg.jpg\" alt=\"Hollandais\" class=\"wp-image-1032\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.4-smalljpg.jpg 309w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.4-smalljpg-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 309px) 100vw, 309px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Contexte historique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Alors, qui a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 ici et pourquoi le Congo-Brazzaville, qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 une possession n\u00e9erlandaise, poss\u00e8de-t-il un cimeti\u00e8re n\u00e9erlandais ? Selon le consul, le cimeti\u00e8re date de la fin des ann\u00e9es 1880 \u2013 la premi\u00e8re tombe, selon une liste \u00e9tablie par l&rsquo;ambassade des Pays-Bas \u00e0 Kinshasa, date de 1893 (d&rsquo;un certain H.L. Luning, n\u00e9 en 1862 et arriv\u00e9 \u00e0 Brazzaville en 1884). La derni\u00e8re tombe date de 1920 (d&rsquo;un certain W. Gokkel, n\u00e9 en 1892, arriv\u00e9 \u00e0 Brazzaville en 1916). Tous ces hommes (16 N\u00e9erlandais, un Fran\u00e7ais) \u00e9taient des agents de la \u00ab Nieuwe Afrikaansche Handels-Vennootschap \u00bb (NAHV), une soci\u00e9t\u00e9 commerciale n\u00e9erlandaise de Rotterdam qui succ\u00e9da en 1880 \u00e0 l&rsquo;\u00ab African Handels Vereeniging \u00bb (AHV), pass\u00e9e sous la tutelle de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 la suite d&rsquo;une fraude comptable (un \u00e9norme scandale \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque). L&rsquo;AHV avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1869, mais les premiers commer\u00e7ants \u00e9taient arriv\u00e9s \u00e0 l&#8217;embouchure du Congo en 1857. En 1870, l&rsquo;entreprise comptait 50 \u00e0 60 ageonts europ\u00e9ens \u00e0 son service. Les commer\u00e7ants hollandais furent parmi les premiers arriv\u00e9s de Blancs dans cette partie de l&rsquo;Afrique, et leurs activit\u00e9s doivent \u00eatre replac\u00e9es dans le contexte de ce que l&rsquo;on appelle le \u00ab commerce l\u00e9gitime \u00bb \u2013 le commerce des mati\u00e8res premi\u00e8res au XIXe si\u00e8cle, en particulier l&rsquo;huile de palme, l&rsquo;ivoire et (plus tard) du caoutchouc sauvage, en \u00e9change de produits manufactur\u00e9s europ\u00e9ens, notamment des textiles, des armes et des spiritueux. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque de \u00ab l&#8217;empire informel \u00bb, dans lequel les commer\u00e7ants blancs fr\u00e9quentaient les zones c\u00f4ti\u00e8res de l&rsquo;Afrique, se soumettaient \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 des dirigeants pr\u00e9coloniaux et d\u00e9pendaient des interm\u00e9diaires africains pour l&rsquo;achat de ressources naturelles. Ce commerce \u00e9tait plus \u00e9quilibr\u00e9 dans les relations entre Africains et Europ\u00e9ens mais, du point de vue des commer\u00e7ants europ\u00e9ens, \u00e9galement moins rentable. Ils ne parvenaient pas \u00e0 mobiliser les autorit\u00e9s coloniales pour \u00e9vincer les interm\u00e9diaires \u2013 la \u00ab ru\u00e9e vers l&rsquo;Afrique \u00bb, l&rsquo;occupation massive du continent par les puissances europ\u00e9ennes, n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;\u00e0 plusieurs d\u00e9cennies d&rsquo;ici.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"309\" height=\"412\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.7-small-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1034\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.7-small-1.jpg 309w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.7-small-1-225x300.jpg 225w\" sizes=\"auto, (max-width: 309px) 100vw, 309px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>En bateau \u00e0 vapeur et en cano\u00eb<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, en 1878, deux hommes de l&rsquo;AVS, A. Jung et A. de Bloeme (ce dernier deviendra repr\u00e9sentant des Pays-Bas \u00e0 la tristement c\u00e9l\u00e8bre Conf\u00e9rence de Berlin de 1884-1885, qui fixera les r\u00e8gles de la partition de l&rsquo;Afrique) voyage\u00e8rent sur un bateau \u00e0 vapeur par le nom de \u00ab Za\u00efre \u00bb jusqu&rsquo;\u00e0 Noqui (qui fait aujourd&rsquo;hui partie de l&rsquo;Angola), puis en pirogue jusqu&rsquo;\u00e0 Vivi, encore \u00e0 plusieurs centaines de kilom\u00e8tres au sud-ouest de ce qui allait devenir Brazzaville. Stanley n&rsquo;avait pas encore fait transporter un bateau \u00e0 vapeur au-del\u00e0 des cataractes du fleuve Congo jusqu&rsquo;au bassin de Malebo, d&rsquo;o\u00f9 il p\u00e9n\u00e9trerait plus profond\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur \u00e0 la demande du roi L\u00e9opold II \u2013 l&rsquo;ultime pr\u00e9dateur de l&rsquo;Europe. \u00c0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, Savorgnan de Brazza signait un trait\u00e9 avec le royaume Tio qui permettait aux Fran\u00e7ais de prendre pied \u00e0 Mfa, le futur Brazzaville \u2013 les agents de L\u00e9opold s&rsquo;\u00e9tablissaient de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve \u00e0 \u00ab Kinshassa \u00bb, rebaptis\u00e9 L\u00e9opoldville. En tant que terminus des tron\u00e7ons navigables du Congo, ces deux lieux repr\u00e9sentaient un point d&rsquo;entr\u00e9e strat\u00e9gique dans la r\u00e9gion \u00e9quatoriale.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Postes de traite<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pendant ce temps, les commer\u00e7ants de la NAHV \u00e9taient occup\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper les activit\u00e9s de l&rsquo;entreprise, \u00e0 \u00e9tablir des postes de traite (\u00ab usines \u00bb) le long du Congo et de ses affluents et \u00e0 acheter des produits (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque en particulier de l&rsquo;ivoire). L&rsquo;entreprise a connu du succ\u00e8s, dominant une grande partie du commerce du Congo (en 1889, les exportations europ\u00e9ennes totales de la r\u00e9gion s&rsquo;\u00e9levaient \u00e0 environ 8 millions de florins, dont plus de 6 millions de marchandises \u00e9taient destin\u00e9es aux Pays-Bas). Mais la NAHV devait se heurter de front au protectionnisme et \u00e0 la coercition inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme moderne de l\u2019Europe. Face \u00e0 la faillite imminente de son \u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo, \u00e9tabli sur la rive gauche du fleuve, L\u00e9opold met tout en \u0153uvre pour exploiter les richesses de la colonie, taxer les activit\u00e9s \u00e9conomiques et chasser les autres commer\u00e7ants europ\u00e9ens par des mesures protectionnistes. Cela violait les dispositions de l&rsquo;Acte g\u00e9n\u00e9ral de la Conf\u00e9rence de Berlin, mais la NAHV n&rsquo;avait aucun pouvoir pour l&rsquo;arr\u00eater : l&rsquo;\u00e8re de l&#8217;empire informel avait pris fin et, le moment venu, l&rsquo;entreprise deviendrait la victime du refus ant\u00e9rieur des Pays-Bas d&rsquo;\u00e9tablir des relations politiques. contr\u00f4le de la r\u00e9gion (le gouvernement n\u00e9erlandais avait cherch\u00e9 \u00e0 ne pas contrarier les Britanniques, inquiet comme il l&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;un \u00e9ventuel empi\u00e9tement britannique sur ses pr\u00e9cieuses possessions des Indes orientales).<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les caprices de L\u00e9opold<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais le principal agent local de la NAHV, le protestant et anti-belge Anton Greshoff (photo de gauche), ne s&rsquo;est pas facilement soumis aux caprices de L\u00e9opold. Il travaillait en Afrique depuis 1875, nouait de bonnes relations avec le peuple T\u00e9k\u00e9 de la rive droite du Congo (la \u00ab partie fran\u00e7aise \u00bb), ainsi qu&rsquo;avec la communaut\u00e9 locale Bacongo, qui l&rsquo;appelait Foumou N&rsquo;Tangou, le Soleil. Roi. Il explore le bassin du fleuve Congo depuis 1883, visite le Kasa\u00ef et est le premier agent europ\u00e9en \u00e0 atteindre les chutes Stanley, \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame nord-est de l&rsquo;\u00c9tat libre (1885-1886), pour y faire le commerce de l&rsquo;ivoire et des armes. . Cela a conduit \u00e0 des difficult\u00e9s croissantes avec les hommes de L\u00e9opold. La NAHV refusa dans un premier temps de faire naviguer ses paquebots sous pavillon de l&rsquo;\u00c9tat libre \u2013 un compromis fut trouv\u00e9 plus tard mais la compagnie (qui poss\u00e9dait une usine \u00e0 L\u00e9opoldville, l&rsquo;ancienne \u00ab Kinshassa \u00bb, depuis 1886) allait progressivement d\u00e9placer ses activit\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais de l&rsquo;\u00c9tat libre. le fleuve, profitant du fait que les efforts de colonisation de la France \u00e9taient entach\u00e9s par un manque de ressources. Ainsi, la NAHV est pr\u00e9sente \u00e0 Brazzaville d\u00e8s 1888, et en 1891 la soci\u00e9t\u00e9j y d\u00e9m\u00e9nage son si\u00e8ge social de L\u00e9opoldville (sa pr\u00e9sence \u00e0 Banana sur l&rsquo;Atlantique est transf\u00e9r\u00e9e au Cabinda portugais).<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;entreprise reviendra sur la rive gauche du Congo lorsque les possessions de L\u00e9opold seront reprises par la Belgique (1908). Dix ans plus t\u00f4t, elle avait d\u00e9j\u00e0 fait face au protectionnisme fran\u00e7ais croissant en cr\u00e9ant des filiales fran\u00e7aises qui participaient \u00e0 l&rsquo;exploitation concessionnelle avide des colonies sous contr\u00f4le fran\u00e7ais (deux soci\u00e9t\u00e9s furent liquid\u00e9es autour de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, une fut vendue lorsque la NAHV fusionna avec la soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9erlandaise Lindeteves). -Entreprise Jacoberg en 1954, qui existe toujours en tant que soci\u00e9t\u00e9 commerciale technique \u00e0 Singapour). Les activit\u00e9s africaines de la soci\u00e9t\u00e9 se sont poursuivies jusqu&rsquo;en 1982, date \u00e0 laquelle le reste a \u00e9t\u00e9 vendu, au cours de la d\u00e9b\u00e2cle dite de l&rsquo;OGEM, \u00e0 une entreprise pakistanaise.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"381\" height=\"271\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-8-small.jpg\" alt=\"Hollandais\" class=\"wp-image-1035\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-8-small.jpg 381w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-8-small-300x213.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 381px) 100vw, 381px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>\u00c2mes hollandaises de Brazzaville<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si tout cela appartient \u00e0 une \u00e9poque r\u00e9volue, on trouve encore \u00e0 Brazzaville des vestiges de ce pass\u00e9 commercial, mat\u00e9riels et immat\u00e9riels. En fait, la partie du fleuve Congo sur laquelle le cimeti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 est encore connue sous le nom de \u00ab Pointe Hollandaise \u00bb, alors qu&rsquo;il y a une \u00ab Avenue de la Pointe Hollandaise \u00bb qui y m\u00e8ne \u2013 peu de Brazzavillois connaissent la raison derri\u00e8re ces noms. L&rsquo;ensemble de la zone dans laquelle se situent le port fluvial et ses activit\u00e9s industrielles \u2013 et pas seulement le cimeti\u00e8re \u2013 faisait partie de la \u00ab concession hollandaise \u00bb, 33 ha de terrain sur lesquels la NAHV s&rsquo;\u00e9tait \u00e9tablie et qu&rsquo;elle avait officiellement enregistr\u00e9e sous le nom de \u00ab concession hollandaise \u00bb. sa propri\u00e9t\u00e9 en 1907. La concession poss\u00e9dait son propre chantier naval, o\u00f9 jusque dans les ann\u00e9es 1920-1930 la NAHV entretenait ses bateaux \u00e0 vapeur ; ceux-ci fournissaient \u00e9galement d&rsquo;importants services de transport au gouvernement colonial, aux ressources limit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cimeti\u00e8re doit donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie d\u2019une pr\u00e9sence n\u00e9erlandaise plus large au d\u00e9but de la p\u00e9riode coloniale \u00e0 Brazzaville, d\u00e9crite avec justesse par le sociologue fran\u00e7ais Georges Balandier dans Sociologie des Brazzaville noires (1955 ; qui comprend des informations sur la pr\u00e9sence du NAHV). Comme me l&rsquo;a dit le consul, chaque ann\u00e9e, des membres de la communaut\u00e9 n\u00e9erlandaise (sans aucun doute la plupart des employ\u00e9s de la NAHV) comm\u00e9moraient ceux qui reposent sous les manguiers. Le jour de la Toussaint, ils se retrouvaient \u00e0 l&rsquo;ombre sereine du cimeti\u00e8re pour une minute de silence, suivie d&rsquo;une r\u00e9union sociale marqu\u00e9e par des r\u00e9miniscences et une bi\u00e8re ou deux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"351\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-10-small.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1036\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-10-small.jpg 500w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo-10-small-300x211.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Archives de la NAH<\/strong>V<\/p>\n\n\n\n<p>Pour l&rsquo;instant, les d\u00e9funts ne nous fournissent gu\u00e8re que leurs noms et leurs ann\u00e9es de naissance et de d\u00e9c\u00e8s, ainsi que de leur premi\u00e8re arriv\u00e9e \u00e0 Brazzaville. Le document de l&rsquo;ambassade des Pays-Bas \u00e0 Kinshasa les r\u00e9pertorie tous \u2013 P. Noordhoff, un certain Arie Terwolde, un Chr. Berendsen et un H.A. Shaw (vraisemblablement un ressortissant n\u00e9erlandais, car dans un seul cas, C.J. Vionnet, il est mentionn\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un Fran\u00e7ais). Une tombe est celle de L.Th. Kentgens (ou dont une photographie a pu \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e sur Internet, voir photo de gauche). Qui \u00e9taient ces hommes ? Dans quelles usines avaient-ils travaill\u00e9 ? Il faudrait rechercher des sources documentaires pour en savoir plus sur eux. A cet \u00e9gard, il convient de noter que les Archives nationales de La Haye sont les d\u00e9positaires des archives de la NAHV (voir les sources de ce blog). Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, les africanistes et les \u00e9tudiants en histoire africaine ont pr\u00eat\u00e9 peu d\u2019attention \u00e0 cette collection de documents, bien qu\u2019ils d\u00e9tiennent une richesse de donn\u00e9es, peut-\u00eatre aussi sur l\u2019\u00e8re de l\u2019empire informel et la nature contradictoire de la rencontre afro-europ\u00e9enne au d\u00e9but de la colonisation. r\u00e8gle si joliment rendue dans Out of Our Minds de Johannes Fabian : ils m\u00e9ritent un projet de doctorat !<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les hommes de la NAHV<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas, les ann\u00e9es de d\u00e9c\u00e8s de ces hommes de la NAHV donnent une indication des circonstances qui ont marqu\u00e9 leur vie et leur travail. Neuf des 17 personnes sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9es dans la vingtaine, tandis que cinq sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9es dans la trentaine. Seuls trois hommes ont atteint l&rsquo;\u00e2ge de 40 ans ou plus (H.A. Shaw, un record de 64 ans). Le plus jeune, C.K.V. Adam n\u2019a pas v\u00e9cu jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de 21 ans \u2013 il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 un jour avant son anniversaire. La liste de l&rsquo;ambassade des Pays-Bas ne pr\u00e9cise pas si la \u00ab premi\u00e8re arriv\u00e9e \u00bb \u00e0 Brazzaville signifie que certains y \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 all\u00e9s, mais dans plusieurs cas, leur s\u00e9jour dans la capitale coloniale a \u00e9t\u00e9 \u00e9court\u00e9 par leur d\u00e9c\u00e8s. C.K.V. Adam est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 trois mois apr\u00e8s son arriv\u00e9e, tout comme J.C. v.d. Sluys. M. Shaw connaissait Brazzaville depuis 18 ans, un nombre record, mais le s\u00e9jour de la plupart des autres se limitait \u00e0 quelques ann\u00e9es, voire quelques mois. Il ne fait aucun doute que beaucoup d\u2019entre eux avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 post\u00e9s ailleurs, dans l\u2019un des avant-postes \u00e9loign\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9. M. Kentgens est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 moins d&rsquo;un mois apr\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Brazzaville ; avait-il d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 affect\u00e9 dans une autre usine et venu en ville pour se remettre d&rsquo;une maladie ? Comme chacun le sait, les circonstances \u00e9pid\u00e9miologiques dans lesquelles se trouvaient les Europ\u00e9ens \u00e9taient difficiles. La quinine offrait une certaine protection contre le paludisme, mais surtout en Afrique \u00e9quatoriale, la pr\u00e9valence d&rsquo;autres maladies (maladie du sommeil, dysenterie, variole) pourrait contribuer \u00e0 expliquer le faible \u00e2ge g\u00e9n\u00e9ral auquel la plupart des hommes de la NAHV sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s. G\u00c9ORGIE. de Haan est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 4 d\u00e9cembre 1918, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 29 ans. Aurait-il \u00e9t\u00e9 victime de la pand\u00e9mie de grippe qui s\u00e9vit alors dans la ville ?<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"244\" height=\"350\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.11.jpg\" alt=\"Hollandais\" class=\"wp-image-1037\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.11.jpg 244w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.11-209x300.jpg 209w\" sizes=\"auto, (max-width: 244px) 100vw, 244px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Le calme des anc\u00eatres<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La \u00ab concession hollandaise \u00bb fut vendue en 1923 \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 belge Interfina\/Comfina. Cela a cr\u00e9\u00e9 un probl\u00e8me en ce qui concerne le cimeti\u00e8re NAHV. Si plus aucune personne n\u2019\u00e9tait enterr\u00e9e dans le cimeti\u00e8re au bord de la rivi\u00e8re apr\u00e8s octobre 1920, qui s\u2019occuperait des tombes d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 ? De plus, en 1925, la concession fut c\u00e9d\u00e9e aux autorit\u00e9s de la f\u00e9d\u00e9ration coloniale \u00ab Afrique Equatoriale Fran\u00e7aise \u00bb (AEF), qui souhaitaient transformer la zone en un port fluvial et un terminus ferroviaire. Il fut toutefois convenu que le cimeti\u00e8re ne serait pas touch\u00e9 (il deviendrait un \u00ab espace public \u00bb), tandis que l&rsquo;entreprise belge \u00e9tait pr\u00eate \u00e0 assurer l&rsquo;entretien n\u00e9cessaire \u2013 ce qu&rsquo;elle fit jusque dans les ann\u00e9es 1950. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 ce moment-l\u00e0 que le gouvernement colonial a commenc\u00e9 \u00e0 transformer s\u00e9rieusement l&rsquo;ancienne concession de la NAHV, et le cimeti\u00e8re risquait de devenir une victime de la modernisation des infrastructures de la colonie. C&rsquo;est pourquoi le consul des Pays-Bas de l&rsquo;\u00e9poque est intervenu aupr\u00e8s des autorit\u00e9s pour demander que le cimeti\u00e8re \u2013 vestige mat\u00e9riel des activit\u00e9s n\u00e9erlandaises dans le pass\u00e9 \u2013 soit pr\u00e9serv\u00e9 et laiss\u00e9 intact. En r\u00e9ponse, l&rsquo;organe parlementaire f\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;AEF, le \u00ab Grand Conseil \u00bb, d\u00e9cide en 1951 de d\u00e9clarer le cimeti\u00e8re monument historique. Pr\u00e9sentant les hommes qui reposent, in aeternum, sur les rives du Congo comme les \u00ab pionniers de Brazzaville \u00bb, il demande \u00e9galement au gouvernement colonial de c\u00e9der le cimeti\u00e8re aux Pays-Bas. Les Fran\u00e7ais ne l&rsquo;ont pas fait, mais ils ont d\u00e9clar\u00e9 le cimeti\u00e8re monument historique et les tombes ont fait l&rsquo;objet de r\u00e9parations urgentes financ\u00e9es par le gouvernement n\u00e9erlandais et la NAHV. Le 1er d\u00e9cembre 1952, le cimeti\u00e8re est rouvert en pr\u00e9sence du consul et des autorit\u00e9s fran\u00e7aises ; apr\u00e8s 1955, des c\u00e9r\u00e9monies annuelles \u00e9taient organis\u00e9es au cours desquelles une couronne \u00e9tait d\u00e9pos\u00e9e \u00e0 la m\u00e9moire du d\u00e9funt.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Les vicissitudes d&rsquo;un cimeti\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais les tropiques sont durs pour les vivants comme pour les morts et, en 1967, le cimeti\u00e8re avait besoin d&rsquo;\u00eatre r\u00e9par\u00e9. La NAHV (vraisemblablement la soci\u00e9t\u00e9 qui lui a succ\u00e9d\u00e9) \u00e9tait \u00e0 nouveau pr\u00eate \u00e0 fournir des fonds, tandis qu&rsquo;une fondation n\u00e9erlandaise (\u00ab Stichting Cultuurhistorie van de Nederlanders Overzee \u00bb \u2013 CNO) s&rsquo;occupait \u00e9galement de sa pr\u00e9servation. En 1973, les tombes furent restaur\u00e9es et le consul n\u00e9erlandais \u00e0 Brazzaville paya personnellement une plaque comm\u00e9morative portant les noms des d\u00e9funts. Pourtant, dans les ann\u00e9es 1980, le lieu de repos \u00e9tait \u00e0 nouveau dans un \u00e9tat de n\u00e9gligence, avec plusieurs tombes envahies par l&rsquo;herbe et difficiles \u00e0 trouver. Ni le gouvernement n\u00e9erlandais, ni CNO, ni des soci\u00e9t\u00e9s telles que Shell et THV International (qui ont succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 une partie de NAHV) n&rsquo;\u00e9taient dispos\u00e9s \u00e0 contribuer \u00e0 son entretien.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"480\" src=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.12.jpg\" alt=\"Hollandais\" class=\"wp-image-1038\" srcset=\"https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.12.jpg 640w, https:\/\/yonzika.com\/wp-content\/uploads\/2024\/11\/photo.12-300x225.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">4 octobre 2003. Tombeau endommag\u00e9. D\u00e9g\u00e2ts dus \u00e0 des chutes de branches lors d&rsquo;une op\u00e9ration de tonte de la Commune de Brazzaville en septembre 2003. Pierre naturelle locale et briques comme mat\u00e9riau d&rsquo;origine. Recouvert d&rsquo;une couche de ciment et de peinture, probablement depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1950.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Heureusement, certaines entreprises comme Damen, Unilever et Bollor\u00e9 ont fait des dons pour pr\u00e9server ce lieu, et depuis les travaux de r\u00e9novation en 2004-2005, la situation s&rsquo;est am\u00e9lior\u00e9e. Cependant, on peut regretter la perte de l&rsquo;identit\u00e9 n\u00e9erlandaise de cet endroit. Cela soul\u00e8ve des questions sur la m\u00e9moire des anc\u00eatres et la connaissance de l&rsquo;histoire entre l\u2019Afrique et les Pays-Bas. L&rsquo;ambassade des Pays-Bas \u00e0 Kinshasa est pr\u00eate \u00e0 aider \u00e0 la r\u00e9novation du cimeti\u00e8re, \u00e0 condition que les autorit\u00e9s de Brazzaville s&rsquo;en occupent. Le consul n\u00e9erlandais propose de couvrir les tombes avec du Perspex pour prot\u00e9ger contre l\u2019\u00e9rosion et a demand\u00e9 la nomination d&rsquo;un gardien-guide pour respecter le site. Pour l\u2019instant, les amoureux congolais peuvent encore se rendre pr\u00e8s du fleuve pour partager des moments sous les manguiers, tout en honorant les esprits des commer\u00e7ants hollandais.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\nhttps:\/\/www.adiac-congo.com\/content\/tourisme-le-fleuve-congo-une-mine-de-vues-extraordinaires-151128\n<\/div><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hollandais, historien et polytologue, Klaas Van Walraven a travaill\u00e9 sur l\u2019histoire du colonialisme et de la d\u00e9colonisation en Afrique \u00e9quatoriale fran\u00e7aise. Cet article est une traduction en fran\u00e7ais du texte \u00e9crit en n\u00e9erlandais Klaas van Walraven a appris l&rsquo;existence d&rsquo;un cimeti\u00e8re pour N\u00e9erlandais \u00e0 Brazzaville, datant de la fin des ann\u00e9es 1880. Le Congo-Brazzaville n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 une possession n\u00e9erlandaise. Alors pourquoi y a-t-il un cimeti\u00e8re hollandais ? Et qui sont ces jeunes gens qui gisent l\u00e0 ? En d\u00e9cembre, j&rsquo;\u00e9tais \u00e0 Brazzaville, capitale de la R\u00e9publique du Congo (l&rsquo;ancien \u00ab Congo fran\u00e7ais \u00bb), pour une conf\u00e9rence sur les \u00e9tudes biographiques dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;Afrique. C&rsquo;\u00e9tait ma deuxi\u00e8me visite dans la ville (la premi\u00e8re \u00e9tait en 2015, lorsque ma femme et moi avons travers\u00e9 le puissant fleuve Congo depuis Kinshasa en RDC). Pays producteur de p\u00e9trole, la capitale du Congo est un p\u00f4le d&rsquo;activit\u00e9, les entreprises chinoises construisant des gratte-ciel modernes les uns apr\u00e8s les autres. Mais j\u2019\u00e9tais plus int\u00e9ress\u00e9 par les choses plus anciennes. Avant ce voyage, j&rsquo;avais appris l&rsquo;existence, de mani\u00e8re totalement inattendue, d&rsquo;un \u00ab cimeti\u00e8re des Hollandais \u00bb, lieu de s\u00e9pulture des N\u00e9erlandais de Brazzaville, sans avoir aucune id\u00e9e de son emplacement. En compagnie de Joseph Zidi, historien \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 Marien Ngouabi et ancien chercheur invit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ASCL, je suis all\u00e9 rendre visite \u00e0 la consule des Pays-Bas, Mme Fumey van Baggum, dont le bureau est situ\u00e9 boulevard Sassou N&rsquo;Guesso, non loin du quartier Mpila. \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie est de Brazzaville. C\u2019est en effet l\u00e0 que se trouve le cimeti\u00e8re, dans un endroit isol\u00e9, presque secret. Vous devez conna\u00eetre l&#8217;emplacement si vous voulez le trouver ; la plupart des Brazzavillois ignorent son existence \u2013 comme moi lorsque nous avons d\u00e9barqu\u00e9 ici en 2015 : le cimeti\u00e8re se trouve dans un quartier commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00ab Plage \u00bb, le port fluvial de la capitale et le point de passage vers Kinshasa. Des grues, des entrep\u00f4ts et des d\u00e9p\u00f4ts marquent l&rsquo;horizon, les gens entrent et sortent de la zone portuaire, apparemment sans \u00eatre g\u00ean\u00e9s par le personnel du poste de douane local. Toutes sortes de bateaux flottent sur la rivi\u00e8re \u2013 une voie ferr\u00e9e abandonn\u00e9e longe la rive sud. Le port est juste au sud du Malebo Pool (\u00ab Stanley Pool \u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque coloniale), le point o\u00f9 le Congo s&rsquo;\u00e9largit pour former un immense lac int\u00e9rieur de 35 km sur 23, avec l&rsquo;\u00eele de Mbomou au centre. Au port, le fleuve se r\u00e9tr\u00e9cit jusqu&rsquo;\u00e0 retrouver sa taille normale mais reste large de 2 km \u2013 on aper\u00e7oit Kinshasa \u00e0 l&rsquo;horizon. Manguiers g\u00e9ants Avec l&rsquo;aide d&rsquo;un employ\u00e9 du consul, nous sommes entr\u00e9s dans le port et avons march\u00e9 le long de la voie ferr\u00e9e. Apr\u00e8s environ 50 m\u00e8tres, un nouvel escalier s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 le seul signe de quelque chose situ\u00e9 sur le talus sur\u00e9lev\u00e9 \u00e0 notre droite. Nous avons mont\u00e9 les escaliers et, au milieu des arbres et des buissons, nous sommes tomb\u00e9s sur une vieille enceinte en pierre, avec des barreaux de forme arrondie. Ceci constitue le p\u00e9rim\u00e8tre du cimeti\u00e8re. Il n&rsquo;est pas visible depuis la rivi\u00e8re, car il est trop haut, tandis qu&rsquo;une entr\u00e9e plus ancienne c\u00f4t\u00e9 terre est tomb\u00e9e en d\u00e9su\u00e9tude, l&rsquo;acc\u00e8s \u00e9tant bloqu\u00e9 par les r\u00e9servoirs de stockage du parc industriel de la zone. L&rsquo;entr\u00e9e au bord de la rivi\u00e8re \u00e9tant verrouill\u00e9e, nous avons escalad\u00e9 la balustrade en pierre et nous sommes retrouv\u00e9s, \u00e0 notre grand \u00e9tonnement, dans un magnifique green rectangulaire, d&rsquo;environ 35 m de long, un peu moins en largeur. Dix manguiers g\u00e9ants fournissent de l&rsquo;ombre \u00e0 la zone et ajoutent \u00e0 son atmosph\u00e8re sereine. Un jeune homme \u00e9tait assis devant ce qui semblait \u00eatre une st\u00e8le au centre. Le consul, passionn\u00e9 par la conservation de ce lieu exceptionnel, avait contribu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9riger pour marquer le site, avec les armoiries n\u00e9erlandaises, Je maintiendrai, peintes sur la pierre (une autre st\u00e8le marque l&rsquo;ancienne entr\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 campagne). Le consul et quelques habitants n\u00e9erlandais s&rsquo;occupaient du cimeti\u00e8re depuis des ann\u00e9es, essayant d&rsquo;endiguer sa d\u00e9gradation en repoussant les pierres effondr\u00e9es des tombes et en cherchant une solution au mauvais drainage. L&rsquo;effort de restauration le plus r\u00e9cent semble dater de 2004, mais comme il n&rsquo;y a pas de barri\u00e8re efficace pour prot\u00e9ger le cimeti\u00e8re, des morceaux de pierre sont vol\u00e9s et il n&rsquo;y a plus de plaque avec des informations sur le d\u00e9funt. Les jeunes couples utilisent l&rsquo;endroit exclu pour faire l&rsquo;amour. Nous avons march\u00e9 entre les tombes, commenc\u00e9es par des mangues trop m\u00fbres tombant avec un bruit sourd, manquant de peu nos t\u00eates, et nous avons \u00e9tudi\u00e9 les tombes pour obtenir des informations sur les personnes qui reposaient dans ces lieux paisibles. Les tombes sont faites de briques recouvertes de ciment blanchi \u00e0 la chaux. Ils sont 17 au total. Auparavant, les tombes portaient les noms des morts, mais le mat\u00e9riel a p\u00e9ri ou a \u00e9t\u00e9 enlev\u00e9 (des morceaux de lettres ont \u00e9t\u00e9 incrust\u00e9s dans la st\u00e8le centrale pour en conserver ce qui en reste). Ainsi, si sur certaines tombes, des mots (des noms ?) illisibles ont \u00e9t\u00e9 griffonn\u00e9s \u00e0 la craie, les tombes sont toutes anonymes. Contexte historique Alors, qui a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9 ici et pourquoi le Congo-Brazzaville, qui n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 une possession n\u00e9erlandaise, poss\u00e8de-t-il un cimeti\u00e8re n\u00e9erlandais ? Selon le consul, le cimeti\u00e8re date de la fin des ann\u00e9es 1880 \u2013 la premi\u00e8re tombe, selon une liste \u00e9tablie par l&rsquo;ambassade des Pays-Bas \u00e0 Kinshasa, date de 1893 (d&rsquo;un certain H.L. Luning, n\u00e9 en 1862 et arriv\u00e9 \u00e0 Brazzaville en 1884). La derni\u00e8re tombe date de 1920 (d&rsquo;un certain W. Gokkel, n\u00e9 en 1892, arriv\u00e9 \u00e0 Brazzaville en 1916). Tous ces hommes (16 N\u00e9erlandais, un Fran\u00e7ais) \u00e9taient des agents de la \u00ab Nieuwe Afrikaansche Handels-Vennootschap \u00bb (NAHV), une soci\u00e9t\u00e9 commerciale n\u00e9erlandaise de Rotterdam qui succ\u00e9da en 1880 \u00e0 l&rsquo;\u00ab African Handels Vereeniging \u00bb (AHV), pass\u00e9e sous la tutelle de l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente \u00e0 la suite d&rsquo;une fraude comptable (un \u00e9norme scandale \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque). L&rsquo;AHV avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 1869, mais les premiers commer\u00e7ants \u00e9taient arriv\u00e9s \u00e0 l&#8217;embouchure du Congo en 1857. En 1870, l&rsquo;entreprise comptait 50 \u00e0 60 ageonts europ\u00e9ens \u00e0 son service. Les commer\u00e7ants hollandais furent parmi les premiers arriv\u00e9s de Blancs dans cette partie de l&rsquo;Afrique, et leurs activit\u00e9s doivent \u00eatre replac\u00e9es dans le contexte de ce que l&rsquo;on appelle le \u00ab commerce l\u00e9gitime \u00bb \u2013 le commerce des mati\u00e8res premi\u00e8res au XIXe si\u00e8cle, en particulier l&rsquo;huile de palme, l&rsquo;ivoire et (plus tard) du caoutchouc sauvage, en \u00e9change de produits manufactur\u00e9s europ\u00e9ens, notamment des textiles, des armes et des spiritueux. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque de \u00ab l&#8217;empire informel \u00bb, dans lequel les commer\u00e7ants blancs fr\u00e9quentaient les zones c\u00f4ti\u00e8res de l&rsquo;Afrique, se soumettaient \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9 des dirigeants pr\u00e9coloniaux et d\u00e9pendaient des interm\u00e9diaires africains pour l&rsquo;achat de ressources naturelles. Ce commerce \u00e9tait plus \u00e9quilibr\u00e9 dans les relations entre Africains et Europ\u00e9ens mais, du point de vue des commer\u00e7ants europ\u00e9ens, \u00e9galement moins rentable. Ils ne parvenaient pas \u00e0 mobiliser les autorit\u00e9s coloniales pour \u00e9vincer les interm\u00e9diaires \u2013 la \u00ab ru\u00e9e vers l&rsquo;Afrique \u00bb, l&rsquo;occupation massive du continent par les puissances europ\u00e9ennes, n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;\u00e0 plusieurs d\u00e9cennies d&rsquo;ici. En bateau \u00e0 vapeur et en cano\u00eb Ainsi, en 1878, deux hommes de l&rsquo;AVS, A. Jung et A. de Bloeme (ce dernier deviendra repr\u00e9sentant des Pays-Bas \u00e0 la tristement c\u00e9l\u00e8bre Conf\u00e9rence de Berlin de 1884-1885, qui fixera les r\u00e8gles de la partition de l&rsquo;Afrique) voyage\u00e8rent sur un bateau \u00e0 vapeur par le nom de \u00ab Za\u00efre \u00bb jusqu&rsquo;\u00e0 Noqui (qui fait aujourd&rsquo;hui partie de l&rsquo;Angola), puis en pirogue jusqu&rsquo;\u00e0 Vivi, encore \u00e0 plusieurs centaines de kilom\u00e8tres au sud-ouest de ce qui allait devenir Brazzaville. Stanley n&rsquo;avait pas encore fait transporter un bateau \u00e0 vapeur au-del\u00e0 des cataractes du fleuve Congo jusqu&rsquo;au bassin de Malebo, d&rsquo;o\u00f9 il p\u00e9n\u00e9trerait plus profond\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur \u00e0 la demande du roi L\u00e9opold II \u2013 l&rsquo;ultime pr\u00e9dateur de l&rsquo;Europe. \u00c0 peu pr\u00e8s \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque, Savorgnan de Brazza signait un trait\u00e9 avec le royaume Tio qui permettait aux Fran\u00e7ais de prendre pied \u00e0 Mfa, le futur Brazzaville \u2013 les agents de L\u00e9opold s&rsquo;\u00e9tablissaient de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du fleuve \u00e0 \u00ab Kinshassa \u00bb, rebaptis\u00e9 L\u00e9opoldville. En tant que terminus des tron\u00e7ons navigables du Congo, ces deux lieux repr\u00e9sentaient un point d&rsquo;entr\u00e9e strat\u00e9gique dans la r\u00e9gion \u00e9quatoriale. Postes de traite Pendant ce temps, les commer\u00e7ants de la NAHV \u00e9taient occup\u00e9s \u00e0 d\u00e9velopper les activit\u00e9s de l&rsquo;entreprise, \u00e0 \u00e9tablir des postes de traite (\u00ab usines \u00bb) le long du Congo et de ses affluents et \u00e0 acheter des produits (\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque en particulier de l&rsquo;ivoire). L&rsquo;entreprise a connu du succ\u00e8s, dominant une grande partie du commerce du Congo (en 1889, les exportations europ\u00e9ennes totales de la r\u00e9gion s&rsquo;\u00e9levaient \u00e0 environ 8 millions de florins, dont plus de 6 millions de marchandises \u00e9taient destin\u00e9es aux Pays-Bas). Mais la NAHV devait se heurter de front au protectionnisme et \u00e0 la coercition inh\u00e9rents \u00e0 l\u2019imp\u00e9rialisme moderne de l\u2019Europe. Face \u00e0 la faillite imminente de son \u00c9tat ind\u00e9pendant du Congo, \u00e9tabli sur la rive gauche du fleuve, L\u00e9opold met tout en \u0153uvre pour exploiter les richesses de la colonie, taxer les activit\u00e9s \u00e9conomiques et chasser les autres commer\u00e7ants europ\u00e9ens par des mesures protectionnistes. Cela violait les dispositions de l&rsquo;Acte g\u00e9n\u00e9ral de la Conf\u00e9rence de Berlin, mais la NAHV n&rsquo;avait aucun pouvoir pour l&rsquo;arr\u00eater : l&rsquo;\u00e8re de l&#8217;empire informel avait pris fin et, le moment venu, l&rsquo;entreprise deviendrait la victime du refus ant\u00e9rieur des Pays-Bas d&rsquo;\u00e9tablir des relations politiques. contr\u00f4le de la r\u00e9gion (le gouvernement n\u00e9erlandais avait cherch\u00e9 \u00e0 ne pas contrarier les Britanniques, inquiet comme il l&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;un \u00e9ventuel empi\u00e9tement britannique sur ses pr\u00e9cieuses possessions des Indes orientales). Les caprices de L\u00e9opold Mais le principal agent local de la NAHV, le protestant et anti-belge Anton Greshoff (photo de gauche), ne s&rsquo;est pas facilement soumis aux caprices de L\u00e9opold. Il travaillait en Afrique depuis 1875, nouait de bonnes relations avec le peuple T\u00e9k\u00e9 de la rive droite du Congo (la \u00ab partie fran\u00e7aise \u00bb), ainsi qu&rsquo;avec la communaut\u00e9 locale Bacongo, qui l&rsquo;appelait Foumou N&rsquo;Tangou, le Soleil. Roi. Il explore le bassin du fleuve Congo depuis 1883, visite le Kasa\u00ef et est le premier agent europ\u00e9en \u00e0 atteindre les chutes Stanley, \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame nord-est de l&rsquo;\u00c9tat libre (1885-1886), pour y faire le commerce de l&rsquo;ivoire et des armes. . Cela a conduit \u00e0 des difficult\u00e9s croissantes avec les hommes de L\u00e9opold. La NAHV refusa dans un premier temps de faire naviguer ses paquebots sous pavillon de l&rsquo;\u00c9tat libre \u2013 un compromis fut trouv\u00e9 plus tard mais la compagnie (qui poss\u00e9dait une usine \u00e0 L\u00e9opoldville, l&rsquo;ancienne \u00ab Kinshassa \u00bb, depuis 1886) allait progressivement d\u00e9placer ses activit\u00e9s du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais de l&rsquo;\u00c9tat libre. le fleuve, profitant du fait que les efforts de colonisation de la France \u00e9taient entach\u00e9s par un manque de ressources. Ainsi, la NAHV est pr\u00e9sente \u00e0 Brazzaville d\u00e8s 1888, et en 1891 la soci\u00e9t\u00e9j y d\u00e9m\u00e9nage son si\u00e8ge social de L\u00e9opoldville (sa pr\u00e9sence \u00e0 Banana sur l&rsquo;Atlantique est transf\u00e9r\u00e9e au Cabinda portugais). L&rsquo;entreprise reviendra sur la rive gauche du Congo lorsque les possessions de L\u00e9opold seront reprises par la Belgique (1908). Dix ans plus t\u00f4t, elle avait d\u00e9j\u00e0 fait face au protectionnisme fran\u00e7ais croissant en cr\u00e9ant des filiales fran\u00e7aises qui participaient \u00e0 l&rsquo;exploitation concessionnelle avide des colonies sous contr\u00f4le fran\u00e7ais (deux soci\u00e9t\u00e9s furent liquid\u00e9es autour de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, une fut vendue lorsque la NAHV fusionna avec la soci\u00e9t\u00e9 n\u00e9erlandaise Lindeteves). -Entreprise Jacoberg en 1954, qui existe toujours en tant que soci\u00e9t\u00e9 commerciale technique \u00e0 Singapour). Les activit\u00e9s africaines de la soci\u00e9t\u00e9 se sont poursuivies jusqu&rsquo;en 1982, date \u00e0 laquelle le reste a \u00e9t\u00e9 vendu, au cours de la d\u00e9b\u00e2cle dite de l&rsquo;OGEM, \u00e0 une entreprise pakistanaise. \u00c2mes hollandaises de Brazzaville Si tout cela appartient \u00e0 une \u00e9poque r\u00e9volue, on trouve encore \u00e0 Brazzaville des vestiges de ce pass\u00e9 commercial, mat\u00e9riels et immat\u00e9riels. En fait, la partie du fleuve Congo sur laquelle le cimeti\u00e8re a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 est encore connue sous le nom de \u00ab Pointe Hollandaise \u00bb, alors qu&rsquo;il y a une \u00ab Avenue de la Pointe Hollandaise \u00bb qui y m\u00e8ne \u2013 peu de Brazzavillois connaissent la raison derri\u00e8re ces noms. 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